Ce week-end j’ai participé à ma première course offshore: la Myth of Malham Race, organisée par le RORC (Royal Ocean Racing Club), le club anglais de course au large. J’étais à bord de Champagne, un Figaro 2, avec trois coéquipiers de choc: Marc Noël (ancien Figariste), Gregory Bertrand (qui a couru le Fastnet 2015 en Class40) et Loïc Le Dréau (Fastnet 2017).

Nous avons convoyé le bateau depuis Cherbourg dans la nuit. C’était ma première fois sur un “vrai” bateau de course, et aussi ma première traversée de la Manche !

 

Nous avons convoyé le bateau depuis Cherbourg dans la nuit. C’était ma première fois sur un “vrai” bateau de course, et aussi ma première traversée de la Manche ! Nous sommes arrivés à Cowes sur l’Ile de Wight au petit matin. Cowes, c’est la “Mecque de la voile mondiale”, un lieu mythique d’où sont lancées toutes les courses du RORC. Quel pèlerinage que de voir tous ces bateaux mythiques au port ou en travaux sur le terre-plein ! J’avais des étoiles plein les yeux et du mal à savoir où donner de la tête ! Mais il fallait avant tout se reposer pour le lendemain.

Le départ était lancé à 8h devant Cowes, avec plus de 140 bateaux de course louvoyant et s’alignant dans l’étroit Solent (le bras de mer entre l’Ile de Wight et l’Angleterre), c’était absolument impressionnant !

Après avoir pris un bon départ, nous avons filé plein Ouest pour sortir du Solent au près serré, en tirant des bords techniques dans la pétole (un vent très faible), en optimisant la tactique pour profiter des courants favorables tout en évitant les bancs de sable si bien cachés dans le Solent. Nous sommes finalement sortis en passant Hurst Point au ras de la côte (on voyait le détail des cailloux sous la quille et des coquillages sur la plage) !

Puis la journée s’est déroulée sous un grand soleil, à tirer des bords plein Ouest, en longeant la superbe côte Anglaise et ses falaises blanches

C’était une journée intense avec son lot de virements de bord et de rappel, mais quel plaisir de naviguer avec autant de bateaux, tous très techniques et très précis !

Après une belle journée ensoleillée, la nuit et le froid sont tombés. Le vent ayant forci, nous étions tous les quatre trempés par les vagues qui s’éclataient sur le bateau c’est pourquoi je n’ai pas pris de photos de la nuit. Et aussi, admettons-le, après une journée aussi intense j’ai fait mes quarts comme un vrai zombie.

Au petit matin nous arrivions en vue du phare d’Eddystone dans une brume épaisse, avec quelques bateaux en face de nous qui étaient déjà sur le retour. S’est ensuivi une longue journée de portant sous spinnaker (la grande voile de couleur qui fait une bulle à l’avant des bateaux), à faire surfer le bateau en descendant les vagues (cf. Vidéo )

En fin de journée, au coude à coude avec six autres bateaux, nous apercevons enfin l’île de Wight où se situe la ligne d’arrivée. Le soleil nous gâte pour ces dernières heures par un coucher magnifique, teintant les nuages de rose pâle avant de s’embraser dans une palette d’oranges incroyables !

Finalement, nous passerons la ligne dans une apothéose totale: le vent ayant tourné, nous nous sommes retrouvés sous spi à 70 degrés du vent. C’est une situation normalement impossible mais avec les voiles choquées, les ballasts et nous tous au rappel, nous avons pu tenir cet équilibre instable pendant le dernier mille jusqu’à l’arrivée. En effet, changer de voile signifiait prendre le risque de rater une manoeuvre et de perdre des places face à nos concurrents qui nous talonnaient.

C’était absolument impressionnant de sentir le bateau filer sous le fil du rasoir, menaçant de partir à tout moment. ! Nous étions tous super concentrés, conscients du risque pris. Mais le Figaro 2 est une sacrée machine, et notre barreur est d’une précision incroyable, aussi sommes-nous arrivés triomphants devant nos voisins !

Pour une première course au large, j’en ai pris plein les mirettes ! C’était extrêmement physique mais je suis contente d’avoir tenu le coup et j’ai adoré ce format de quelques jours. Finalement nous sommes arrivés 8es de notre catégorie, un bon résultat étant donné les conditions.

De mon côté c’était aussi THE test en conditions réelles pour savoir si j’étais faite pour la course au large. J’ai pu tester ma préparation physique et mentale, ainsi que mes connaissances techniques. J’ai pû enfin vivre ce que j’ai souvent entendu: en course, le plus important c’est de ne jamais rien lâcher ! En effet, même si parfois la course semble perdue, la météo peut rebattre les cartes en un instant !

Conclusion ? Quand est-ce qu’on repart ? !